Week-end ACI : « En quête de sens » Dominique Collin

Week-end ACI : «  En quête de sens » Dominique Collin

 

Un humain doit vivre sa vie, en opposition avec un animal qui vit sa condition d’animal.

Nous n’échappons donc pas à la question du sens de la vie puisque nous sommes des êtres humains.

La raison ultime qui nous oblige à chercher du sens, c’est la mort.

« Qu’est-ce donc que cette vie où l’unique certitude est celle dont on ne sait rien de certain, je veux dire la mort. » Kierkegaard.

Le croyant n’est pas dispensé de réfléchir à la question du sens car il n’y a pas de certitude de foi plus grande que la certitude que nous avons de mourir.

Notre société parce qu’elle veut tout maîtriser mais qu’elle n’a pas de prise sur la mort en organise le déni. Pour cela elle s’organise en une société de pulsionalité et de saturation : le bonheur est une addition de plaisirs. L’abondance consommée cherche à cacher un espace de manque, de vide : la mort vue comme un « troumatisme ». La peur du trou appelle un comblement immédiat par la consommation et donc une accélération du temps.

La société ainsi pensée crée de

- l’addiction : satisfaction immédiate et répétitive comme échappatoire.

-l’agression : l’addiction n’apporte pas de réponse au sens de la vie d’où une    insatisfaction permanente produisant du « mal-être » et qui débouche sur

- la dépression.

Différence entre désir et besoin :

- le besoin, s’il est satisfait, appelle un autre besoin. La société nous fait croire à de plus en plus de besoins

- le désir crée le manque : la mort, l’amour sont de l’ordre du désir

Or, la société actuelle ne veut pas voir le manque et donc, elle rapatrie le désir sur le besoin.

 

L’évangile, lui, justement, parle de l’amour et de la mort.

La réflexion se poursuit à partir de l’histoire de Jésus et l’homme en esprit impur de Gerasa.

Il en ressort que dans la Bible, le sens de la vie m’est donné par un autre, à travers une relation. Ici, Jésus s’adresse à cet homme : « Sors de cet homme l’esprit impur » séparant en lui ce qui le fonde en tant qu’homme et ce qui lui fait problème (esprit impur). Cette séparation est créatrice. Il lui demande son nom permettant ainsi au « je » de se construire face au « tu ».

Après les péripéties des démons chassés dans les porcs qui se jettent à l’eau, Jésus invite l’homme (délivré) à être lui-même, chez lui, dans sa maison. Quand un humain, grâce à un autre humain, atteint son humanité, c’est l’œuvre de Dieu même s’il n’est pas nommé.

 

Nous en revenons au sens de la vie.

La question du sens n’a de sens que dans l’ordre du relationnel. Chercher le sens de la vie sans le recevoir d’un autre n’a pas de sens. L’humain se reçoit d’un autre.

La société actuelle nous invite à chercher le sens de la vie en aval : chercher devant à se procurer des choses pour donner du sens, du bien-être. C’est alors un dû.

Dans l’évangile, le sens se trouve en amont ou plutôt je le reçois d’un « tu ». Le sens se reçoit de la vie elle-même, c’est un don. Je peux choisir d’appeler ce « tu » Dieu.

C’est pourquoi il faut se convertir, littéralement changer de mentalité pour pouvoir recevoir la vie comme un don.

Qui dit don, dit donateur. L’important est le lien qui s’établit entre donateur et receveur.

Il y a une parole qui fonde la Bible : elle ne dit qu’une seule chose à celui qui l’écoute :

«  Il est bon que tu existes. »

C’est aussi ce qui est dit à chacun, c’est ce qui engendre.

Si je crois que cette parole m’est adressée, à moi, personnellement et si je lui fais confiance, c’est cela la foi.

Je fais confiance à cette Parole, au Verbe, à Dieu.

En accueillant dans la confiance cette parole, je vois qu’elle me construit. C’est la seule « preuve » que j’aie. Dieu se manifeste dans l’anonymat.

S’il est bon que j’existe, il est bon que tu existes : si je reçois cela avec confiance, je ne suis plus dans le désir ou dans la violence vis-à-vis de l’autre.

 

PS : Tout ce qui a été dit au cours de ce week-end est soumis à la règle des 3 P  de Maurice Bellet :

            - partiel : je ne sais pas tout

            - partial : chacun à un rapport à la vie qui lui est propre

            - provisoire : ma parole n’a de valeur que pour aujourd’hui.

                                                                      

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