DOSSIER: Bonheur et écologie

Pourquoi je ne mange plus de viande

Par Camille NAOME

Il y a 6 ans à peu près, j’ai fait le choix de changer mes habitudes alimentaires en ce qui concerne ma consommation de viande.

Je ne me souviens plus exactement du moment précis où le déclic s’est fait dans ma tête et qui m’a amenée à prendre cette décision.

Ce dont je me souviens en revanche, c’est que c’est à cette période-là que le « scandale de la viande de cheval dans les lasagnes » a éclaté. C’est à cette époque-là aussi que durant une retraite organisée par mon école, j’ai été amenée à passer une semaine à la Viale (ndlr : communauté chrétienne en Lozère) qui nous amène à nous rapprocher de l’essentiel.

Le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes a fait ressortir quelque chose d’intéressant sur le fait de manger de la viande. Cette histoire a mis en avant non pas les conditions de vie des animaux dans le secteur de l’élevage, mais nos propres conditions. Celles de millions d’hommes et de femmes prêts à acheter des barquettes de lasagnes à 2,5€ les yeux fermés, sans se questionner sur le contenu de ce plat, par gain de temps, d’énergie et d’argent.

Devenir végétarien, c’est se questionner un peu plus sur ce que contiennent les plats que l’on nous propose. C’est être conscient de ce que l’on mange et de ce que l’on donne à notre corps. J’en ai fait l’expérience durant ma semaine à la Viale. Dans cette petite Communauté de croyants, on ne sert de la viande au repas qu’une fois par semaine. Le reste du temps, c’est autour des légumes du potager et les accompagnements de riz ou de lentilles que l’on se réunit à table. En devenant végétarienne je me suis débarrassée de quelque chose de superflu, et je me suis surtout rendu compte à quel point « manger bien » était important. Manger respectueusement de l’environnement, parce que l’environnement concerne tout le monde sur la planète, et que c’est le devoir de chacun de s’en préoccuper. C’est ce qui pour moi caractérise le mieux cette phrase: « Think Globaly, Act Localy » (dont la première utilisation fut d’ailleurs d’ordre écologique).

Penser globalement donc, c’est réfléchir à ce qu’engendrent nos choix. Dans le cas du végétarianisme, c’est ne pas s’arrêter à ce qu’il y a dans notre assiette mais se pencher sur des questions comme : « Comment mon morceau de viande a-t-il été produit ? », « Quelles conditions de vie a-t-on offert à cet animal ? », « Le goût de ce steak vaut-il toutes les souffrances qu’a endurées ce bœuf ? ». Pour moi, le bien-être animal est tout aussi important que notre bien-être à nous.
Mon bien-être, en tant que végétarienne, trouve place dorénavant aussi dans le plaisir que j’ai à cuisiner de nouvelles recettes, à tester de nouvelles choses en cuisine et être de plus en plus créative.

Je suis heureuse d’être végétarienne car cela ne m’apporte que satisfaction, et je suis enchantée de voir que, d’une petite minorité il y a quelques années, nous sommes de plus en plus nombreux aujourd’hui. Peut-être qu’un jour le végétarianisme deviendra la norme, qui sait !

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