AGENDA - ACTIVITES ACi

Un bonheur citoyen, et chrétien

Abbé Philippe DUPRIEZ

Membres ou Ami(e)s de l’ACI, nous en arrivons à la date de session « Vie – Foi » des 30-31 mars 2019 à Wavreumont). Nous nous laisserons interroger à partir du thème « Le bonheur de Dieu ?  Le bonheur des humains ! »
Laissons resurgir quelques réflexions qui se véhiculèrent au cours des deux sessions précédentes de 2017 et 2018.
En 2017 c’était « Citoyens dans un monde pluriel », avec Dominique Martens directeur de l’Institut International Lumen Vitae.
Tant du point de vue culturel que religieux, il y a nécessité de s’investir dans le dialogue au cœur du pluralisme : il faut passer de la conception de présence d’office de Dieu avec pleins pouvoirs, à un Dieu qui vit dans ‘le petit’ au lieu d’être installé en tête d’un statut pyramidal. C’est dorénavant une montée vers la modernité qui engage les relations humaines de la transcendance vers l’immanence. On constate que Dieu est poussé dans la sphère privée tandis que la religion devient matière à option. L’impact de la transmission se déplace de l’obéissance au relativisme. C’est une délectation d’ouverture à l’épanouissement humain, s’opposant à la conception de la dépossession de soi.
Quels sont alors les enjeux dans ce nouveau rapport de pluralisme ?  Incompatibilité ou compatibilité ?  Que vivre pour être à la fois dans une foi ouverte et dans le monde réel ?  Quelle peut être la circulation entre la foi et le doute ?  La foi est dorénavant un combat existentiel. Elle est vécue en lien avec l’autre qui est toujours un mystère qu’on ne peut jamais absorber.

En 2018 notre halte a été « Comment être chrétien dans un monde qui semble évoluer trop vite ? »
A nouveau avec Dominique Martens directeur de l’Institut Lumen Vitae, en quoi, par le fait de la progression fulgurante de la technologie, ma foi est-elle interpellée ?
Notre univers référentiel multimillénaire habilite la Bible : « Il est écrit que » ; donc c’est se référer à un flot d’expériences.
 Mais le monde jeune de ce 21ème siècle croit que ce qui viendra est supérieur et meilleur que les expériences passées ; celles-ci sont devenues inaudibles chez lui : le chrétien et la Bible font pour lui partie d’une sphère obsolète. Dieu devient ainsi un grand absent de notre Humanité, (en similitude et comparaison de ce qu’on voit actuellement face à l’autorité parentale dans un bon nombre de familles).
La culture s’est engouffrée dans l’individuation, et l’autonomie s’élabore dans toutes les directions. Elle va à contresens d’une tradition qui nourrissait tout le tissu de la pensée et des relations. Et cela alors que pourtant il y a un prégnant désir de ne pas être seul (qu’on réagisse à mes messages IPod, svp !)  On vit en fonction de la reconnaissance donnée par l’ami qui réagit du tac au tac, la popularité ayant la primauté sur la vérité.
Alors, en vue d’une connexion adaptée avec l’intelligence artificielle, avec l’homme augmenté, sans devenir un humain instrumentalisé, va-t-on être conduit par le bout du nez au travers des algorithmes ?  Le numérique n’est-il pas pourtant un outil et non une fin en soi ?  Comment vivre en sa compagnie au titre de l’humain que nous sommes ?  Quelle est par exemple la place de la médiation symbolique alors que nous sommes pistés partout ?  Par quelle motivation je fais, j’accepte, je participe à une réalité augmentée qui pourrait éventuellement me marginaliser ?  La réalité augmentée sera-t-elle engageante de valeurs symboliques ou d’ontologie informatique, engageante de renoncements comme le fait religieux y convie ou a-t-elle pour seule piste l’immédiateté ?  Nos choix sont-ils raisonnables (captivants), ou rationnels (analyse froide) ?

Et voici qu’en ce mois de mars 2019, entrons par une autre grande porte encore, et laissons-nous à nouveau interpeller : « Le bonheur de Dieu ?  Le bonheur des humains ! »
Dieu et les hommes ont-ils quelque chose à échanger en ce monde qui est à présent le nôtre ?  Dieu a-t-il quelque chose à nous raconter ?    Avec l’abbé Arthur Buekens, du diocèse de Tournai, actif des mouvements de formation permanente, nous allons nous interroger. Recevons en appel ce qu’il soulève en introduction :
« Il me paraît intéressant de consacrer ces deux journées à (re)découvrir que le Dieu des chrétiens est fondamentalement un Dieu du bonheur, un Dieu pour le bonheur. Son bonheur est d’aider les humains à être heureux. Toutes les scories du Dieu gendarme, du Dieu menaçant (aïe… voilà l’enfer !), du Dieu tout-puissant… ont bien de la peine à laisser la place au Dieu d’Amour. Une relecture savoureuse de textes bibliques devrait nous aider à dire un Dieu pour le bonheur, et à en vivre au milieu des femmes et des hommes de ce temps. Ils en ont grand besoin, de côtoyer des gens qui, à l’image du Dieu auquel ils cherchent à adhérer, rêvent de construire un monde où toutes et tous puissent vivre et dans la dignité, et dans le bonheur. »

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