DOSSIER: Economie et Justice

Notre société est malade

Où sont les vraies valeurs ?

Par Michel LEMPEREUR

Il y a quelque temps je lisais (L.B. du 21/12/17 ) les résultats d'une nouvelle enquête de la Vlerick Business School sur les salaires des patrons: 2,08 millions d'euros en 2016 pour les patrons d'entreprises du Bel 20 soit + 26% par rapport à 2015.

Et que le ratio de rémunération, le rapport entre celle du patron et celle du travailleur moyen, s'élève à 37 dans le Bel 20, bien inférieur cependant à celui des Pays-Bas (71), d'Allemagne (89) , de France (91) et du Royaume Uni (94).

Cet article suivait celui du 20/12 de Philippe Defeyt , « David, reviens-nous » qui, tout en reconnaissant les mérites de David Goffin, s'étonnait que nos hommes politiques lui donnent le titre de commandeur du Mérite wallon censé être une « valeur d'exemple » alors qu'il est un « exilé » fiscal à Monaco. Est-ce le populisme qui doit nous guider ?

Deux mois plus tôt ( L.B. du 18/10  « la faille inégalitaire se creuse en Europe »), Pierre Defraigne de son côté soulignait aussi que les écarts de patrimoine explosaient en Europe et dans le monde et que l'effet cumulé des politiques de compétitivité salariale, d'austérité budgétaire, de concurrence fiscale et de dumping social intraeuropéen, toutes les quatre de la responsabilité de l'U.E., renforçait les inégalités en l'Europe.

Dans quel monde vivons-nous ? Heureusement, de nombreuses initiatives citoyennes se mettent en route pour rappeler qu'un monde meilleur peut exister, que l’attention  aux autres, quels qu'ils soient, est primordiale, qu'il ne faut pas se laisser submerger par le consumérisme, que notre planète doit être préservée, etc. Les médias nous en parlent de plus en plus, tant mieux !

Et notre pape François dans son discours de Noël (L.B. du 26/12) nous a une nouvelle fois rappelé notre devoir vis à vis des migrants d'où qu'ils soient. Il a aussi adressé un appel en faveur de l'enfance délaissée ou maltraitée : « Nous voyons Jésus dans les enfants dont les parents n'ont pas de travail et ont du mal à leur offrir un avenir sûr et serein. Et dans ceux dont l'enfance a été volée ».

Remettons les vraies valeurs à leur place...  le monde, déjà celui qui nous entoure de tout près, se portera mieux.

- ADDENDUM en date du 18 mars 2018 -

Enfin ! Victoire du politique, dit la LLB du 14 mars.

Mais victoire aussi des citoyens, des employés, des cadres, des clients.

Comment ne pas se réjouir en effet de voir rejetée la proposition du C.A. d'ING de faire passer la rémunération de son CEO de 2 à ...3 millions (!) d'euros ?

Les banques, comme le rappelle Eric De Keuleneer, ne sont pas des institutions comme les autres. Elles ont eu besoin de L’État pour ne pas vaciller. Leurs dépôts sont garantis jusqu'à 100000 euros et l'on sait que si une grande banque venait à défaillir, c'est de nouveau à l'État qu'on ferait appel .

Il faut ajouter que dans le cas précis d'ING, à l'automne 2016, il y a eu l'annonce - très mal communiquée - d'un plan de restructuration portant sur la réduction de 3150 emplois...

Un plan qui a fait naître beaucoup de critiques tellement cette annonce a été brutale, tellement il y a eu de la part de la haute direction peu de compassion, peu d'empathie pour le personnel malmené, alors qu'ING Belgique était et reste le plus gros pourvoyeur de bénéfices du groupe.

Et vouloir augmenter le grand patron de 50 % dans ces circonstances eût été presque une insulte au personnel (pensons aux employés licenciés et à tous ceux qui ont été bousculés), aux clients qui s'estiment de moins en moins considérés (et qui viennent encore selon les media de se plaindre de la hausse des frais bancaires), et finalement au public qui a mauvaise opinion du monde bancaire ...Heureusement la réaction à partir de premier ministre hollandais et du ministre des finances en a eu raison. Enfin !

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