LU POUR VOUS

Ode de la Théologie de la Libération

Par Philippe DUPRIEZ

Quand un forestier plante un hêtre, il a 100 ans en vue, et un chêne c’est pour 200 ans. L’investissement est prometteur à long terme, option pas du tout évidente dans une société qui s’affole et cherche à obtenir au plus vite les honneurs de ses travaux, et des royalties en sus, mais que de fois de conclusions obsolètes à peine quelques mois plus tard.

Voici qu’aujourd’hui en parcours nous découvrons avec 50 ans de recul, la pertinence de la théologie de la Libération qui a pris particulièrement forme dans la communauté chrétienne d’Amérique Latine, vite incriminée et accusée de marxiste communiste par l’institution ecclésiale et les milieux possédants des biens de la terre. La théologie de la Libération n’a, il est vrai, pas hésité à détecter les codes du marxisme, non pour l’imiter mais parce qu’il y a des grilles d’analyse qui contiennent des sensibilités de service aux plus pauvres, ignorés, rejetés, méprisés parmi les frères, mais eux à qui le Christ donna toute sa préférence ; c’est une audace que le monde des possédants n’apprécie généralement pas, une audace proposée à l’Église en chemin, vérité et vie, dont la mission se doit d’être prophétique plutôt que grande gestionnaire des biens et contrôle autoritaire des consciences.

Aujourd’hui on a opportunément pu entreprendre de rédiger, sous la direction de Maurice Cheza, Luis Martinez Saavedra et Pierre Sauvage, aux éditions Lessius à Namur, un livre intitulé Dictionnaire Historique de la Théologie de la Libération qui fait plus de 1.000 références à des personnes qui se sont investies pour ou face au service de la Libération des Humains. Et mettre également en exergue un certain nombre de thèmes expressifs.

Ce dictionnaire est une source d’informations qui autorise à prendre connaissance du rôle de tous ces auteurs, depuis Gustavo Gutierrez, dès 1968 jusqu’à aujourd’hui, en passant par Dom Helder Camara qui fit déjà impact comme jeune archevêque au Concile Vatican II, (voyons entre autres le « Pacte des Catacombes »), et son remarquable accompagnateur théologique d’origine belge, Joseph Comblin, un proche par ailleurs de Joseph Cardijn fondateur de la JOC.

Aux chercheurs d’aujourd’hui de s’investir dans la prise en mains aisée de ce nouveau dictionnaire bien intéressant, pour pouvoir continuer le mouvement de libération chère au Christ Seigneur, parce qu’il donne chair à tous les hommes.

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