Actu d'Eglise

Quelle place pour les laïcs dans l'Eglise et dans le monde ?

Par Michel Kesteman, exposé du samedi 28 avril 2012

"Si c'est de Dieu que vient leur action, vous ne pourrez pas la faire disparaïtre" (Actes,28 sv.)

"Les laïcs aussi sont l'Eglise." (Pie XII, 1946)

 

Je commencerais volontiers par dire ma surprise.

On parle de qui ?

Dès avant Vatican II , le Père Congar avait écrit Jalons pour une théologie du laïcat.[1]  Après Vatican II et ce qu'il a écrit, promu, et ce qu'en ont fait les églises locales dans les années qui suivent (formation de laïcs, création de conseils paroissiaux et pastoraux, participation de laïcs à la liturgie, organisation d'assemblées liturgiques en absence/en attente d'un prêtre, ...), j'ai l'impression qu'on a fait progressivement  l'impasse sur la réflexion sur le rôle  des laïcs dans la mission de l'Eglise. Utilisables en catéchèse, mandatables comme assistants pastoraux hospitaliers ou paroissiaux, la difficulté réside à première vue dans l'extension de leur reconnaissance ou dans le poids à donner à leur mandat. Comme si les nouvelles questions posées par les nouvelles situations menaçaient l'équilibre de l'institution et les enjeux de position des uns et des autres: on serait alors dans un conflit de positions au nom d'un conflit de points de vue et d'intérêts (qui va y gagner ? qui va y perdre ? qu'a-t-on à y gagner ou à y perdre? en Eglise et pour l'Eglise ?). Comme si pour les clercs et les laïcs, la question était réduite à celle d'un conflit de pouvoir à défendre par les uns, à conquérir par les autres. Celui de dire la messe ou de diriger la communauté, pouvoir inatteignable pour qui n'est que membre, citoyen basique, destiné à être disciple suiveur influençable (valeur part de marché ou valeur pastorale) , écouteur obéissant gouverné (valeur hiérarchique ou disciplinaire) , contributeur économique (valeur financière de la contribution économique) ou collaborateur précieux comme bras mais pas comme tête (valeur travail de la contribution en disponibilité, en ressources humaines) et parfois contradicteur ou résistant  non compliant (après Humanae vitae).

Mon propos est de retrouver le sens de la dignité des laïcs, multitude différenciée, d'hommes et femmes, et de repositionner le débat, d'innover peut-être en retournant à quelques textes fondamentaux.

J'ai été surpris car les livres des grands théologiens (Schillebeeckx, Küng, Rahner, von Balthasar, Ratzinger) et ecclésiologues en parlent peu. Quand ils écrivent sur l'Eglise, même en parlant du Peuple de Dieu [2] pour lequel ils peuvent faire plaidoyer, l'accent semble porter surtout sur " Le ministère dans l'Eglise" [3], les chefs des églises, même si on y ouvre la porte d' "assemblées sans prêtres", d' alternatives illégales. Küng dira : "il n'y a pas de communauté ecclésiale sans chef" comme sans doute il n'y a pas de groupe social sans leadership ou de communauté humaine sans une personne pour prendre la parole en son nom, pour décider en urgence ou en instance ultime, ou précéder sur la route.[4] Mais que dire de tous les autres membres, car la communauté n'existe que parce qu'elle en a. Sinon, elle serait réduite à des" one man (ou woman) show" dont nous faisons l'expérience dans la politique-spectacle ou parfois dans l'Eglise-spectacle de la société des médias. Méfions nous autant de soeur A que du père D, du président monopolisateur local ou du gardien de la mémoire de la communauté de base à son image et à sa ressemblance. soit du côté du pouvoir soit du maintien d'un rapport de force qu'on qualifie vite de tradition et que des sociologues comme Pierre Bourdieu ont identifié comme l'expression même de la "reproduction" qui n'est pas physique mais reconduction d'un déséquilibre orienté entre groupes constitutifs

La difficulté récurrente, parfois après avoir essayé réellement de changer de mode d'organisation vient peut -être de la difficulté à faire de la place dans les mentalités ou dans le temps à y consacrer à la différence de rôles dans une perspective égalitaire (pourquoi et combien de temps) d'une Eglise devenue moins Eglise de Pères, de curés, de religieux qu'une Eglise de frères et de soeurs, d'accepter des différences de statut qui ne deviennent pas pour autant un état permanent (présidence tournante ou successive, mission ou mandat à durée déterminée) ni des monopoles (responsabilités partagées, coresponsabilité [5], responsabilité différenciée). On devrait pouvoir sortir du cléricalisme pour faire une vraie place au Laïcat, disait Congar. On doit revenir sur la question au moment où s'affirment ou s'immiscent de nouveaux cléricalismes par défaut (l'usure des engagés) ou intentionnels (le retour des clercs) ou polémiques ("parce qu'il y a eu des abus"). Le dernier point interroge certainement à l'heure où des abus majeurs sur tous les continents et à différents niveaux hiérarchiques interroge sur les causes des abus et la régulation des comportements de manière unilatérale sans interaction avec les membres ou sans contrôle par l'assemblée des membres (ou leurs représentants).

Certains auteurs vont s'y atteler . [6]

 

Pas séparés, ensemble.

"L'Esprit saint et nous avons décidé" Actes 15,28

On est en pleine application du principe d'incertitude d'Heisenberg qui dit qu'on ne peut à la fois identifier la position et la vitesse d'une particule. Autrement dit, avis aux photographes, on ne peut à la fois régler la focale sur le détail et sur la vision d'ensemble. A moins de se contraindre à un aller et retour systémique pour faire valoir les interactions complexes des uns et des autres car l'ensemble ne résulte pas d'une seule partie: il en va de même d'un discours qui parle de Dieu ou des hommes et a du mal à dire le tissage ou l'alliance qui allie les deux points de vue sans concurrence.

Ailleurs, il  est vrai, on parle de l'Eglise globalement, car si "les hommes sont les mots avec lesquels Dieu raconte son histoire", en consacrant une réflexion aux "hommes qui sont l'histoire de Dieu", on évite un point de vue dualiste, salut et foi se passant dans le monde et pas dans la seule Eglise. Si on laisse Dieu être Dieu et Jésus être manifestation du Dieu sauveur ou du salut-de-par-Dieu, le règne de Dieu davidique sur le peuple de Dieu s'incarne dans la communauté ecclésiale vécue à la fois comme communauté et institution, avec le défi de faire place à un principe d'organisation et à un principe démocratique. [7]

Certains peuvent souligner que la démocratie a été favorisée par l'Eglise sur base d'une idée athénienne,[8] en particulier dans le monde monastique des abbayes; d'autres peuvent de manière critique constater qu'elle l'a peut-être favorisé dans la société civile mais pas dans son sein, ou bien restreint à la démocratie synodale des évêques ou d'autres le récuser, l'Eglise n'étant pas une démocratie mais une théocratie, avec délégation ou lieutenance au ministère ordonné et au magistère inspiré.

Hans Küng soulignera pour sa part que le terme Eglise est dynamique par le rassemblement sans cesse renouvelé, que le terme communauté empêche l'abstraction administrative et conduit au concret proche, et que les communautés ne sont pas réunies par elles-mêmes et pour elles-mêmes, mais pour leur service mutuel et celui de Dieu.[9] Si exercice d'un certain pouvoir il y a, pour la gestion de la communauté, des sacrements ou de la parole, il n'a de sens qu'en tant que service. Mais nous savons par l'expérience contemporaine, ou par l'histoire, que " la tentation est à la mesure de la mission" hier comme aujourd'hui, pour un laïc comme pour un ordonné.[10] C'est une "Eglise en transformation" comme l'écrira Christophe Théobald, avec un discernement nécessaire aux moments de crise et de bifurcation, où il faut choisir.

Ce n'est donc pas l'Eglise des seuls ordonnés, dont il s'agit, la corporation des ordonnés détenteurs du sacrement de l'ordre protégés par des dispositifs de protection de l'accès à la profession. Ni l'Eglise de privilégiés, comme à certaines périodes et certains lieux on a pu voir l'alliance du sabre et du goupillon ou de la magistrature et du magistère, ou encore de l'action catholique en ses mouvements ou du rôle particulier des intellectuels catholiques associés à la réflexion et à l'action. [11]

 

L'Eglise, c'est qui?

"Wir sind Kirche. Nous sommes Eglise." ou "Wir sind die Kirche. Nous sommes l'Eglise." (mouvement allemand)

Malgré les abus de langage qui  identifient l'Eglise à la hiérarchie ou ce qui   dérange dans certaines positions épicopales ou romaines, l'Eglise, ce n'est pas "eux", comme si "eux c'était eux et nous c'était nous", avec l'enfer d'un côté et le ciel de l'autre. Comme le disait un laïc, quand je dis que" j'ai mal à mon Eglise", je souligne "mon" et je devrais dire "notre". C'est ce qui fait dire à d'autres que s'ils manifestent une exigence critique, c'est parce qu'ils aiment l'Eglise comme leur mère et que c'est cette passion ecclésiale qui leur fait se battre pour la qualité de ce avec quoi ils s'identifient. [12]

 A suivre le  Concile qui rappelle plusieurs images (bercail, troupeau, champ, construction, famille, temple,  mère, corps mystique, épouse, pèlerinage),  "il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en faire une peuple (...) messianique. Il précise "L'ensemble de ceux qui regardent avec foi vers Jésus auteur du salut, principe d'unité et de paix, Dieu les a appelés, il en a fait l'Eglise pour qu'elle soit, aux yeux de tous et de chacun, le sacrement visible de cette unité salutaire." [13]C'est des églises locales qui sont sujet d'action et pas objet d'actions et d'injonctions, des "Eglise de sujets" comme le dit l'ecclésiologue Hervé Legrand, où chaque croyant est lui-même sujet de foi et d'action comme travailleur de la foi. [14] L'Eglise universelle est donc un "réseau fédératif de personnes, d'œuvres et de communautés" ou une "communion d'églises locales" qui sont à leur tour "communion de communautés".

Le Concile précisera que "sous le nom de laïcs, on entend l'ensemble des chrétiens qui ne sont pas ordonnés ou de l'état religieux" dont il dira la dignité, l'égalité fondamentale entre tous même s'il y a une différence de mission pour ceux qui issus de ce peuple sont ordonnés au service de leurs frères, au point de rappeler la belle parole de saint Augustin: "Pour vous en effet, je suis évêque. Avec vous, je suis un chrétien. Evêque c'est le titre d'une charge, qu'on assume. Chrétien, c'est le nom de la grâce (qu'on reçoit). Titre précieux, nom salutaire." [15]

Dans l'ancienne Eglise, on appelait "saints et saintes", les disciples du Christ ou de la Voie. Dans le texte conciliaire ou vaticane, on lira "christi fideles", les fidèles chrétiens qui appartiennent au Christ. Le terme laïc, membre du laos (le peuple), apparait très peu dans le Nouveau Testament comme  le terme ecclésia (assemblée, église). C'est de "nous" dont on parle... ou de la communauté des saints.. qui vivent une fraternité, un lieu de pardon, de fête, de partage intellectuel, spirituel, relationnel et matériel comme le signale Actes 2,42.

L'Eglise, c'est nous les frères (et sœurs) du Christ, nous les fils (et filles) de Dieu, nous les chrétiens (et chrétiennes) , tous ensemble dans notre diversité, du dernier arrivé au prochain baptisé jusqu'à tous les autres baptisés du bout du monde. L'Eglise locale, c'est les mêmes dans cette part restreinte qui habite ce territoire ou qui y est simplement de passage en visiteur ou en immigré, donc nous les baptisés (et futurs baptisés) en relation avec notre évêque. Même si tous ne vivent pas à 100% leur foi, ne pratiquent plus autant qu'avant. Certains évoqueraient à ce titre une "identification partielle"[16] ou le "croire sans appartenir". [17]

Le théologien canadien Rémi Parent [18] souligne : "Confesser Dieu comme notre Père commun, c'est aussi confesser que nous sommes devenus un "nous". Le "nous" de personnes et de collectivités qu'un seul et même amour visite, prévient; le "nous" de tous ceux qui décident d'accueillir et de vivre cet amour prévenant." Cette Eglise ne naît pas de nous d'abord  mais de notre foi en Dieu notre Père, pas le dogme d'abord mais la relation confiante dans celui qui nous fait confiance. "Et voilà bien en quoi consiste l'Eglise : elle est le sacrement du "nous" chrétien. Rien de plus. Rien de moins non plus. (...) le "nous" que nous recevons comme une grâce de Jésus-Christ". Le Christ, sacrement de Dieu, conduit au sacrement du frère et à l'Eglise sacrement communautaire, pas seulement liturgique ni sociologique mais signe, symbole efficace, constituant et signifiant à travers son tissu communautaire et ses présences locales "là où 2 ou 3 sont réunis en son nom" le visage qui se cristallise dans le geste et les paroles eucharistiques.

 

"Nous ne vivrons donc pas la filiation/fraternité sans décision de notre part.(...) Telle est bien la raison pour laquelle nos "je" ne deviendront jamais magiquement un "nous". "Puisque Jésus est devenu "le premier d'une multitude de frères", "Le "nous" devient ainsi la responsabilité de tous." Autrement dit, "l'Eglise dépend de la responsabilité de tous"

 

En sommes nous dignes ou capables ?

La question se pose de l'origine de l'Eglise à aujourd'hui avec un jeu d'ombres et de lumières : le signe se manifeste même dans le paradoxe de nos infidélités particulières ou dans le tourbillon de nos infidélités collectives, à condition d'élargir la focale  dans l'espace et le temps "pas tout seuls", "pas seulement comme cela",  pas sans la culture du dialogue, le travail de recherche commune en conseil, la synodalité, la concertation et les interpellations qui conduisent à la conversion individuelle et collective, toujours recommencée. C'est le paradoxe de l'incarnation: le parfait à travers l'imparfait (adieu Platon), le global à travers le local ! Parent poursuit : "nous vivons en Eglise parce qu'il nous faut le secours des autres pour rester en appétit de Jésus-Christ."

 

Voilà qui devrait nous empêcher définitivement d'enfermer Jésus-Christ et notre identité dans une appropriation collective, une prétention exclusive, un dogmatisme sécuritaire. C'est nous tous, c'est chacun dans l'Eglise, même si quelques un y recevront mission ou appel particulier.

 

 

Parole conciliaire

Vatican II a prévu un Décret sur l'apostolat des laïcs (1961) , Apostolicam Actuositatem [19]  que nosu allons citer largement et en nous permettant de mettre en gars certains passages. et qui, dès son préambule annonce la couleur : "Le saint Concile, dans sa volonté de rendre plus intense l’activité apostolique du Peuple de Dieu, se tourne avec une grande attention vers les chrétiens laïcs, dont il a déjà rappelé en d’autres documents le rôle propre et absolument nécessaire dans la mission de l’Église . L’apostolat des laïcs, en effet, ne peut jamais manquer à l’Église, car il est une conséquence de leur vocation chrétienne. L’Écriture elle-même montre parfaitement (cf. Ac 11, 19-21 ; 18, 26 ; Rm 16, 1-16 ; Ph 4, 3) combien cette activité se manifesta spontanément aux premiers jours de l’Église et combien elle fut féconde.

Notre temps n’exige pas un moindre zèle de la part des laïcs ; les circonstances actuelles réclament d’eux au contraire un apostolat toujours plus intense et plus étendu. En effet l’augmentation constante de la population, le progrès des sciences et des techniques, la solidarité plus étroite entre les hommes ont non seulement élargi à l’infini le champ de l’apostolat des laïcs, en grande partie ouvert à eux seuls, mais ils ont fait surgir de nouveaux problèmes, qui réclament de leur part une vigilance et une recherche toutes particulières.

Cet apostolat devient d’autant plus urgent que s’est affirmée, comme c’est normal, l’autonomie de nombreux secteurs de la vie humaine, entraînant parfois un certain délaissement de l’ordre moral et religieux, au grand péril de la vie chrétienne.

Il faut ajouter qu’en de nombreuses régions les prêtres sont très peu nombreux ou parfois privés de la liberté indispensable à leur ministère, de sorte que, sans le travail des laïcs, l’Église et son action ne pourraient que difficilement être présentes. "

Dès à présent, on voit se rappeler l'appel des disciples par Jésus  "pour être avec lui et les envoyer en mission": l'Eglise est assemblée et envoyée, la systole liturgique et la diastole missionnaire, l'intensif et l'extensif.

"Il y a dans l’Église diversité de ministères, mais unité de mission. Le Christ a confié aux apôtres et à leurs successeurs la charge d’enseigner, de sanctifier et de gouverner en son nom et par son pouvoir. Mais les laïcs rendus participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ assument, dans l’Église et dans le monde, leur part dans ce qui est la mission du Peuple de Dieu tout entier . (...) Le propre de l’état des laïcs étant de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profanes ; ils sont appelés par Dieu à exercer leur apostolat dans le monde à la manière d’un ferment, grâce à la vigueur de leur esprit chrétien. "

 

Avec quels moyens ?

"Insérés qu’ils sont par le baptême dans le Corps mystique du Christ, fortifiés grâce à la confirmation par la puissance du Saint-Esprit, c’est le Seigneur lui-même qui les députe à l’apostolat. (...) Les sacrements et surtout la sainte Eucharistie leur communiquent et nourrissent en eux cette charité qui est comme l’âme de tout apostolat . "

"Poussés par la charité qui vient de Dieu, ils pratiquent le bien à l’égard de tous, surtout de leurs frères dans la foi (cf. Ga 6, 10), rejetant « toute malice, toute fraude, hypocrisie, envie, toute médisance » (1 P 2, 1), entraînant ainsi les hommes vers le Christ. Or, la charité divine, qui « est répandue dans les cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5), rend les laïcs capables d’exprimer concrètement dans leur vie l’esprit des Béatitudes. "

Cette spiritualité des laïcs doit revêtir des caractéristiques particulières suivant les conditions de vie de chacun : vie conjugale et familiale, célibat et veuvage, état de maladie, activité professionnelle, sociale et politique dans le monde. Chacun doit donc développer sans cesse les qualités et les dons reçus et en particulier ceux qui sont adaptés à ses conditions de vie et se servir des dons personnels de l’Esprit Saint.

 

Pour quels buts ?

" La mission de l’Église, par conséquent, n’est pas seulement d’apporter aux hommes le message du Christ et sa grâce, mais aussi de pénétrer et de parfaire par l’esprit évangélique l’ordre temporel.(...) Le laïc, qui est tout ensemble membre du Peuple de Dieu et de la cité des hommes n’a qu’une conscience chrétienne. "

"À une époque où se posent des questions nouvelles et où se répandent de très graves erreurs tendant à ruiner radicalement la religion, l’ordre moral et la société humaine elle-même, le Concile exhorte instamment les laïcs, chacun suivant ses talents et sa formation doctrinale, à prendre une part plus active selon l’esprit de l’Église, dans l’approfondissement et la défense des principes chrétiens comme dans leur application adaptée aux problèmes de notre temps. "

"Les laïcs doivent assumer comme leur tâche propre le renouvellement de l’ordre temporel. Éclairés par la lumière de l’Évangile, conduits par l’esprit de l’Église, entraînés par la charité chrétienne, ils doivent en ce domaine agir par eux-mêmes d’une manière bien déterminée. Membres de la cité, ils ont à coopérer avec les autres citoyens suivant leur compétence particulière en assumant leur propre responsabilité et à chercher partout et en tout la justice du Royaume de Dieu."

L'action caritative , diaconale, y a place :  « À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Mais sans oublier la justice qui est première: "Il faut satisfaire d’abord aux exigences de la justice de peur que l’on n’offre comme don de la charité ce qui est déjà dû en justice. Que disparaissent la cause des maux et pas seulement leurs effets et que l’aide apportée s’organise de telle sorte que les bénéficiaires se libèrent peu à peu de leur dépendance à l’égard d’autrui et deviennent capables de se suffire. "

 

Divers champs d'action

"Participant à la fonction du Christ Prêtre, Prophète et Roi, les laïcs ont leur part active dans la vie et l’action de l’Église. Dans les communautés ecclésiales, leur action est si nécessaire que sans elle l’apostolat des pasteurs ne peut, la plupart du temps, obtenir son plein effet. À l’image des hommes et des femmes qui aidaient Paul dans l’annonce de l’Évangile (cf. Ac 18, 18-26 ; Rm 16, 3), les laïcs qui ont vraiment l’esprit apostolique viennent, en effet, en aide à leurs frères, et réconfortent aussi bien les pasteurs que les autres membres du peuple fidèle (cf. 1 Co 16, 17-18).

Nourris par leur participation active à la vie liturgique de leur communauté, ils s’emploient avec zèle à ses œuvres apostoliques ; ils acheminent vers l’Église des hommes qui en étaient peut-être fort éloignés ; ils collaborent avec ardeur à la diffusion de la Parole de Dieu, particulièrement par les catéchismes ; en apportant leur compétence ils rendent plus efficace le ministère auprès des âmes de même que l’administration des biens de l’Église. "

"La paroisse offre un exemple remarquable d’apostolat communautaire, car elle rassemble dans l’unité tout ce qui se trouve en elle de diversités humaines et elle les insère dans l’universalité de l’Église. Que les laïcs prennent l’habitude de travailler dans la paroisse en étroite union avec leurs prêtres d’apporter à la communauté de l’Église leurs propres problèmes, ceux du monde et les questions touchant le salut des hommes pour les examiner et les résoudre en tenant compte de l’avis de tous.".

"Les laïcs développeront sans cesse le sens du diocèse, dont la paroisse est comme une cellule ; ils seront toujours prompts à l’invitation de leur pasteur à participer aux initiatives du diocèse. De plus, pour répondre aux nécessités des villes et des régions rurales , ils ne borneront pas leur coopération aux limites de la paroisse ou du diocèse, mais ils s’efforceront de l’élargir au plan interparoissial, interdiocésain, national et international : d’autant plus que l’accroissement constant des migrations de population, la multiplication des liens mutuels, la facilité des communications ne permettent plus à une partie de la société de demeurer repliée sur elle-même."

"Les époux chrétiens sont l’un pour l’autre, pour leurs enfants et les autres membres de leur famille, les coopérateurs de la grâce et les témoins de la foi. Ils sont les premiers à transmettre la foi à leurs enfants et à en être auprès d’eux les éducateurs. Ils les forment par la parole et l’exemple à une vie chrétienne et apostolique ; ils les aident avec sagesse dans le choix de leur vocation et favorisent de leur mieux une vocation sacrée s’ils la découvrent en eux. "

"L’apostolat dans le milieu social s’efforce de pénétrer d’esprit chrétien la mentalité et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où chacun vit. Il est tellement le travail propre et la charge des laïcs que personne ne peut l’assumer comme il faut à leur place. Sur ce terrain, les laïcs peuvent mener l’apostolat du semblable envers le semblable. Là ils complètent le témoignage de la vie par celui de la parole. C’est là qu’ils sont le plus aptes à aider leurs frères, dans leur milieu de travail, de profession, d’étude, d’habitation, de loisir, de collectivité locale. "

"Les laïcs peuvent exercer leur action apostolique soit individuellement, soit groupés en diverses communautés ou associations. "

Ces dernières années de nouvelles communautés ou des mouvements nouveaux (L'Emmanuel, Fondacio,...) ont requis l'attention par leur développement enthousiaste et leur réussite charismatique. D'autres ont craint que tel mouvement puisse emprunter des dérives sectaires ou être récupéré ou manipulé. Ces trois points de vue sont pertinents: comme toute nouveauté, cela demande du discernement au moment initial, dans la durée et dans la capacité à rejoindre et soutenir l'existant. Ne nous précipitons pas mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. On a vu à l'époque des Actes comme à celui du développement du franciscanisme que ce type de discernement s'impose et qu'il faut parfois plus d'une occurrence pour valider un mouvement ou pour le remettre sur le droit chemin.[20] On constatera aussi l'apparition de formes nouvelles de mouvements spirituels autour des ordres classiques, les Communautés chrétienne inspiré par les jésuites, la famille de Charles de Foucauld, la famille cistercienne à Scourmont, les Amis des Filles de Marie de Pesche, laïcs dominicains, laïcs maristes, laïcs salésiens ...Mais en parle-t-on assez, comme si on voyait plus les replis que les développements ?

 

Une action à soutenir, un droit et un devoir

"Il appartient à la hiérarchie de favoriser l’apostolat des laïcs, de lui donner principes et assistance spirituelle, d’ordonner son exercice au bien commun de l’Église, et de veiller à ce que la doctrine et les dispositions fondamentales soient respectées. (...) On trouve dans l’Église un certain nombre d’initiatives apostoliques qui doivent leur origine au libre choix des laïcs et dont la gestion relève de leur propre jugement prudentiel. De telles initiatives permettent à l’Église, en certaines circonstances, de mieux remplir sa mission ; aussi n’est-il pas rare que la hiérarchie les loue et les recommande, mais aucune initiative ne peut prétendre au nom de catholique, sans le consentement de l’autorité ecclésiastique légitime. "

"Enfin il arrive que la hiérarchie confie aux laïcs certaines charges touchant de plus près aux devoirs des pasteurs : dans l’enseignement de la doctrine chrétienne, par exemple, dans certains actes liturgiques et dans le soin des âmes.  (...) Les évêques, les curés, et les autres prêtres du clergé séculier et du clergé régulier se souviendront que le droit et le devoir d’exercer l’apostolat sont communs à tous les fidèles, clercs ou laïcs, et que dans l’édification de l’Église les laïcs ont aussi un rôle propre à jouer . C’est pourquoi ils travailleront fraternellement avec les laïcs dans l’Église et pour l’Église et prendront spécialement à cœur le soutien des laïcs dans leurs œuvres d’apostolat ."

"Au plan des diocèses il faudrait autant que possible qu’il y ait des conseils qui soutiennent le travail apostolique de l’Église tant sur le plan de l’évangélisation et de la sanctification que sur le plan caritatif, social et autre : les clercs et les religieux y collaboreront de manière appropriée avec les laïcs. Ces conseils pourront aider à la coordination mutuelle des diverses associations ou initiatives des laïcs en respectant la nature propre et l’autonomie de chacune. Des conseils semblables, autant que faire se peut, devraient être constitués au plan paroissial, interparoissial, interdiocésain, voire même au plan national et international ."

"Les laïcs ayant leur manière à eux de participer à la mission de l’Église, leur formation apostolique sera adaptée au caractère séculier propre au laïcat et à la vie spirituelle qui leur convient. "

Rappeler ces textes s'impose après quelques décennies, d'autant qu'il apparait qu'un certain nombre de clercs contemporains, nés après le  Concile semblent ignorer cette perspective voulue par le Concile. A relire et à faire relire d'urgence. La formation permanente du clergé comme des laïcs l'impose, autant que la prudence et la cohérence pastorales. [21] Ils devraient aussi s'informer sur ce qui se passe dans l'Eglise locale quand Conférence épiscopale et Conseils interdiocésains des laïcs collaborent à la publication d'une interpellation sur la pauvreté en 2012 ou quand on voit Rome organiser le Congrès mondial des laïcs catholiques à Rome en 2000.

 

Contemporains : acteurs d'Eglise et citoyens consistants

Il se peut que le temps soit venu de quitter chacun nos nostalgies:  la nostalgie de stabilité et d'éternité du modèle de chrétienté intégriste tenant une organisation strictement hiérarchisée et une représentation sacrale pour vérité éternelle, la nostalgie d'unanimité qui nous priverait de la recherche de communion toujours à faire, la nostalgie du dualisme concurrentiel et oppositionnel clercs/laïcs pour passer à la collaboration, la nostalgie d' identiquité ou de mêmeté alors que la diversité travaille toutes nos convergences et dynamise les identités dynamiques dans la croissance, la conversion, la recherche, la maturation.

Comme l'écrit Olivier Le Gendre, " Les laïcs doivent se décomplexer à l'égard des clercs et des religieux (...) Le laïc est lui aussi un homme ou une femme d'Eglise, car celle-ci ne se résume pas à sa  hiérarchie." [22] Il n'y a pas lieu d'être dépendant, indépendant ou contre-dépendant. Il y a à partager une route. Si l'Evangile est une énorme bonne nouvelle, nous aussi parfois.

La conscience d'êter l'Eglise doit être approfondie, comme le souligne Thomas Hoebel [23]

Dès lors, être chrétien laïc aujourd'hui ou soutenir l'engagement "dans l'Eglise et le monde des baptisés revient à rouvrir les sources de l'Evangile, aujourd'hui et chaque matin comme si c'était "le premier matin du monde"  et, l'ayant fait, entreprendre la rencontre et la reconnaissance de ce qui se passe entre les hommes, en vivant notre vocation humaine avec les autres.   Il arrive qu'alors l'exercice de son métier et de sa sexualité, de son enracinement humain, professionnel et citoyen, de son engagement personnel et collectif dans la vie associative puissent être signe et source, chemin et vie, sel de la terre. Même au sein de l'Eglise. "Sans complexe et sans arrogance" comme aime à le rappeler le cardinal Danneels.

L'Evangile se vit même incognito, parfois en résistant parfois en résident, parfois en partie, parfois en silence, parfois malgré les doutes. L'Evangile se vit personnellement, mais aussi en nombre, en communauté, en mouvement, en multitude, en peuple, pas par délégation mais par actualisation. C'est au présent qu'on se fait reconnaître pour qui on est et qu'on fait chair, corps, communauté, église, sacrement.

Cela nous renvoie aux pages de conclusion de Jean-Claude Guillebaud, Comment je suis redevenu chrétien, "Saurai-je l'être ? Saurons-nous l'être ?" même si "s'engager c'est adhérer à une cause imparfaite" comme le disait Landberg en 1944. Avec d'autres imparfaits. [24]

Nous pouvons habiter le monde et l'Eglise en chrétiens comme un ferment au cœur du monde:  [25] être des habitants, des devenants, des faiseurs bienfaisants incitant d' autres , puissants ou misérables, ministres ou ordonnés, prochains ou lointains à aller et faire de même en recommençant autant de fois qu'il faudra  ...

Nous pouvons être ce peuple parmi d'autres peuples porteur de questions, de paroles, de pratiques, où l'amour se fait chemin du salut et la reconnaissance de tout chemin de libération ouvert à d'autres.

Le faisant, chacun exercera une influence en interaction avec tous les autres et impactera la culture du groupe auquel il appartiendra et celle de son temps dans son domaine et à la mesure de ses responsabilités personnelles, ou à la mesure de l'influence exercée par les groupes auxquels il s'est associé sur les façons de vivre et de penser des contemporains. On peut le voir par exemple dans le champ théologique [26], dans la responsabilité pastorale [27] comme dans le champ culturel,[28] dans celui du politique[29] ou celui de l'entreprise et de la création des PME.[30] Chacun dans son univers propre, comme des infirmières et des médecins dans leur hôpital, des scientifiques dans leur université, des journalistes dans la presse, des éducateurs dans l'école, ils font avancer l'humanisation et l'esprit des Béatitudes. Les travailleur sociaux sur leur terrain, des manuels dans leur usine ou sur leur chantier, des repasseuses et des humanitaires, mais aussi des dessinateurs de bande dessinée comme tous les parents et grands parents dans leur famille, les enfants dans leur école et leur mouvement, sur Facebook ou dans les nouvelles interactions que permettent les nouvelles technologies exercent une influence, ont une contribution, consciente et parfois inconsciente.

Nous ne sortons jamais indemnes du flux de la vie. Nous ne sommes jamais sans impact. Nous n'arrêtons jamais de communiquer. Autant y penser et se former pour être toujours mieux à l'écoute, critiques, solidaires, pertinents et si possible évangéliques. L'Eglise et le monde en ont besoin. Nous aussi.

 


[1] Paris, Cerf, 1953. Et Joseph Cardijn ou Madeline Delbrel s'exprimaient largement sur la présence  requise et efficace des laïcs dans le monde, là où on ne les attend pas : l'usine, les quartiers rouges, ...

[2] Edward Schillebeeckx, Plaidoyer  pour le peuple de Dieu, Paris, Cerf, 1987 qui sous-titre d'ailleurs Histoire et théologie des ministères dans l'Eglise.

[3] Edward Schillebeeckx, Le ministère dans l'Eglise, Cerf, 1981.

[4] Voir par exemple: Claudio Neri, Le groupe.Manuel de psychanalyse de groupe, Toulouse, Erès,  2011.

[5] Cardinal Léon J.Suenens, La coresponsabilité dans l'Eglise aujourd'hui, Paris, DDB, 1968; Episcopat français, Tous responsables dans l'Eglise, 1973;  voir aussi : Michel Kesteman, Towards co-responsability in the Church ,dans Clergy Review, London, 1985;  Alphonse Borras, La coresponsabilité baptismale de tous, dans Fondacio (dir. Gérard Testard), Aimer l'Eglise Aimer le monde, Paris, Cerf, 2005, 142 sv; Jean-Paul II, La co-responsabilité des fidèles laïcs dans l'Eglise-Mission, dans Christi Fideles, Vatican, 1988; Benoît XVI, Basilique S.Jean du Latran, ouverture du Congrès ecclésial de Rome 26/5/2009:"Nous avons besoin d'une prise de conscience renouvelée de notre identité d'Eglise et de la coresponsabilité pastorale que, au nom du Christ, nous sommes tous appelés à exercer." Mais encore : " Il est dans le même temps nécessaire d'améliorer l'organisation pastorale, de façon à ce que, dans le respect des vocations et des rôles des personnes consacrées et des laïcs, l'on promeuve graduellement la coresponsabilité de l'ensemble de tous les membres du Peuple de Dieu. Cela exige un changement de mentalité concernant particulièrement les laïcs, en ne les considérant plus seulement comme des "collaborateurs" du clergé, mais en les reconnaissant réellement comme "coresponsables" de l'être et de l'agir de l'Eglise, en favorisant la consolidation d'un laïcat mûr et engagé. " et « Liberté et responsabilité vont de pair. La véritable liberté se démontre dans la responsabilité, dans une manière d’agir qui prend sur soi la coresponsabilité pour le monde, pour soi-même et pour les autres. » Il précisait alors qu’il fallait une pédagogie qui aide à passer des responsabilités partielles dans un domaine déterminé à la responsabilité des fils et filles de Dieu qui prennent en considération le bien de tous les hommes, de toutes les créatures. Commentant le chapitre 4 de l’Épître aux Éphésiens, il soulignait le lien entre multiplicité et unité dans ce défi, n’hésitant pas à dire que Dieu « veut que vous preniez de multiples formes et il vous veut pour l’unique corps »; La coresponsabilité dans l’Église, utopie ou réalisme ? (dir. Olivier Bobineau et Jean Guyon), Paris, DDB, 2011.

[6] M. de Mérode, Théologie du laïcat aujourd'hui , dans  La parole aux laïcs, Lumen Vitae, 1986 (41,4),379-392); Humberto J. Sanchez Zarinana s.j., L'être et la mission du laïc dans une église pluri-ministérielle. D'une théologie du laïcat à une ecclésiologie de solidarité (1953-2003), Paris, L'Harmattan, 2008.

[7] Edward Schillebeeckx, Mensen als verhaal van God, Baarn, Nelissen,1989.

[8] Chantal Delsol, L'âge du renoncement , Paris, Cerf, 2011. ou Léo Moulin, La Vie quotidienne des religieux au Moyen Âge, Paris, Hachette,1978.

[9] Etre chrétien, Paris, Seuil, 1978, 558.

[10] Idem, 582. Il suffit de parcourir l'histoire de l'Eglise pour voir tous les abus qui ont entraîné réformes ou contre-réformes et contraignent l'Eglise à se vouloir "semper reformanda", toujours en voie d'amélioration ou de correction.

[11] Voir par exemple Daniel Moulinet, Laïcat catholique et Société française. les comités catholiques (1870-1905), Paris, Cerf, 2008; Jean-Louis Jadoulle, Chrétiens modernes ? L'engagement des intellectuels catholiques "progressistes" belges de 1945 à 1958, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2003.

[12] Par exemple, Christine Cayol, Je suis catholique et j'ai mal, Paris, Seuil, 2006, 89-93 : L'Eglise, ma mère, ma famille... Voir aussi Conseil Interdiocésain des Laïcs, L'Eglise quand même. A l'écoute du peuple de Dieu, Namur, Fidélité, 2011.

[13] (Constititution dogmatique sur l'Eglise) Lumen Gentium, 9.

[14] Le développement d'Eglises-sujets. dans G. Alberigo (éd.), Les Eglises après Vatican II,Paris, Beauchesne, 1981, 149-184.

[15] LG, 31-33; S. Augustin, Serm. 340,1.

[16] Par exemple, F.Haarsma, Partiële identifcatie met de kerk, dans Meedenken met Edward Schillebeeckx, Baarn, Nelissen, 1983,246-259.

[17] Grace Davie et Danielle Hervieu-Léger, Identités religieuses en Europe, Paris, La Découverte, 1996  citées par Paul Löwenthal, Ne laissez pas mourir l'Eglise, Wavre, Mols, 2011,  111.

[18] L'Eglise, c'est vous, Ed.Paulines, Montréal, 1982, 33-58.

[19] Les textes du concile sont disponibles sur www.vatican.va ou dans diverses versions imprimées.

20 Rick van Lier, L’émergence de "Nouvelles communauté" ssur, sur  www.dominicains.ca en 2002.

[21] Jean-Paul II n'a pas fait autrement en écrivant une encyclique Christi fideles (1988)  dans une perspective d'évangélisation (travailler à la vigne avec ses talents et charisme) dans une ecclésiologie de communion, de charismes et de participation, d'engagement en commun qui exige formation et engagement individuel et collectif.

[22] Laïcs : femmes et hommes d'Eglise, préface à  Conseil Interdiocésain des Laïcs, L'Eglise quand même. A l'écoute du peuple de Dieu, Namur, Fidélité,2011.

[23] Laity and Participation. A Theology of Being the Church, Bern, Peter Lang, 2006 est un des meilleur ouvrages du moment: il oppose une théologie négative du laïcat (ce qu'il n'est pas) à une théologie positive (ce qu'il peut être et devenir) appuyée sur le Nouveau testament et faisant l'inventaire des points de vue catholiques, anglicans et de ce qui se vit sur d'autres continents dans une perspective de théologie de la libération, par exmple.

[24] Paris, Albin Michel, 1997.

[25] (dir. Alphonse Borras et Luca Bressan) Colloque européen des paroisses, Habiter notre temps en chrétiens, Bruxelles, Lumen Vitae, 2009; voir aussi la Lettre à Diognète , II ème siècle.

[26] Brigitte Cholvy (dir.), Des laïcs en théologie. Pourquoi ? Pour qui ? , Paris, Bayard, 2010; voir la recension par Catherine Chevalier, dans Esprit et vie, 2010 (228).

[27] (dir. Alphonse Borras), Des laïcs en responsabilité pastorale. Accueillir de nouveaux ministères, Paris, Cerf, 2000. 

[28] C'est le cas de nombreux mouvements d'éducation permanence comme la JOC ou l'ACI Agir en chrétiens informés,  d'un acteur culturel comme la chanteuse Mannick, du journaliste Guillebaud comme hier d'un philosophe comme Mounier ou Ricoeur.

[29] Qu'on songe à l'impact d'un Jacques Delor, d'une Clotilde Nyssens, d'un Obama sur les tournants pris par la politique nationale ou internationale mais aussi à tous les participants à un conseil consultatif, un conseil communal ou un conseil de Cpas.

[30] Je songe au dernier ouvrage de Jean Mossoux, Ras le bol ou Paraboles, Bruxelles, Avant-propos, 2012.

 

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