Regard d'artiste: Steve McCurry

Cet article est un petit avant-goût de ce que vous trouverez dans la future brochure annuelle de l'ACi. En effet, il nous parait dommage de vous parler, en septembre, d'une exposition qui se tient jusqu'à la fin du mois d'août...

Si vous ne l'avez pas encore vue et que vous avez un peu de temps libre cet été, courez voir cette expo, elle vaut largement le détour!

Lieu: Bruxelles - La Bourse

Jusqu'au 20 août 2017

Regard d'artiste : Steve McCurry

Steve McCurry, photographe américain, arpente le monde avec son appareil photo depuis 1979. 200 de ses photographies sont exposées à la Bourse de Bruxelles jusqu'à la fin du mois d'août 2017. Une occasion unique de mieux connaître un artiste qui, au-delà de ses clichés qui ont fait le tour du monde, via National Geographic notamment, tente de saisir l'être humain dans ce qu'il a de plus poignant, de plus personnel, et aussi de plus résilient...

S'il est un trait caractéristique de l'oeuvre de Steve McCurry, c'est son empathie profonde pour ses frères humains.
Chacune des photos exposées nous touche ; il capte les regards comme nul autre.

Ce qu'il nous dit du monde ? Il nous raconte la guerre, les catastrophes naturelles, les attentats, la misère, la détresse, et aussi la beauté d'un regard, d'un sourire, d'un enfant, d'un homme, d'une femme endormis, d'une ville en ruines ou d'un site touristique, d'un animal...
Nous parle-t-il de ce que devient notre monde, lui qui le prend en photos depuis près de 40 ans ? Non, il nous parle de ce que nous devenons, nous, dans ce monde tourmenté. Il nous montre que malgré tout nous essayons de vivre en gardant la tête haute.

Il nous montre qu'inlassablement nous reconstruisons ce qui est détruit : nos villes, nos vies.

Que ce soit en Afghanistan, durant la guerre civile, en Irak en 1991, en Indonésie après le tsunami, à New-York, après le 11 septembre 2001, ou au Japon après le tremblement de terre, toujours, l'Homme revient sur les lieux des drames, dégage les décombres, et reconstruit.

Quelques portraits forts nous montrent aussi que l'homme ne renonce pas : cet Indien qui a perdu ses clefs dans le fleuve, au pied du Taj Mahal, ou cet autre, victime d'une inondation, qui n'a plus que sa machine à coudre qu'il essaie de sauver des eaux, coûte que coûte, offrent des portraits saisissants !
S'il soigne particulièrement la couleur et la lumière de ses clichés, s'il parvient à capter un instant, un regard qui nous disent tout ou presque sur notre humanité, Steve McCurry explique que tout cela est quelquefois le fruit de plusieurs jours d'attente, quand d'autres fois c'est juste la chance d'être au bon endroit, au bon moment.

Les photos nous disent aussi que l'art se trouve en chacun de nous, au coin d'une rue sale ou d'une ville dévastée, dans une arrière-boutique ou dans le plus reculé des villages...

Steve McCurry aime l'Homme, profondément. Il témoigne de sa foi inébranlable en nos capacités de résilience, comme dans cette photo prise en Afghanistan : il explique que cette ville a été entièrement détruite par des bombardements incessants des Russes. Il a pensé, en voyant cette ville, à Dresde en 1945. Et puis, un soir, il a surpris une famille, revenue s'installer dans les ruines de sa maison, et qui campait autour d'un repas préparé sur un feu de bois. Cette famille, bien décidée à reconstruire ce qui avait été détruit, bien décidée à ce que la vie reprenne ses droits, est emblématique de ce monde qui balance sans cesse, depuis la nuit des temps, entre violence et espoir, entre terreur et bonheur, entre horreur et beauté...

Que devient notre monde, où va-t-il, personne ne peut le dire, Steve McCurry moins que personne, qui est sans cesse dans l'instant présent.
Pourtant, en filigrane de ces 40 ans de photographies, c'est notre passé, notre présent mais aussi notre futur qui nous sont montrés. Et quoi que l'on puisse en penser, ce futur n'est pas si triste : car en témoignant de son amour profond pour l'humanité, et surtout pour les oubliés et les misérables, McCurry nous oblige à penser que toute vie humaine se vaut et mérite que l'on se batte pour la sauver...

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