Interpellation: Ils se noient là où nous nous baignons...

Des hommes, des femmes, des enfants, se noient dans les mers où nous nous baignons : est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui cloche ?

Par Isabelle LOSSEAU et Marie-Pierre JADIN, au nom du conseil d'administration de l'ACi (ASBL Agir en Chrétiens informés)

Il existe une théorie journalistique bien connue : la loi du mort/km. Autrement dit, plus un fait dramatique est proche de nous, plus nous sommes touchés. C'est la raison pour laquelle nous avons eu l'occasion, ces derniers temps, de ressasser sans fin l’horreur des attentats commis chez nous et chez nos proches voisins.

Que ce soit dans les médias audio-visuels, dans les journaux ou sur les réseaux sociaux, ces faits, certes dramatiques, ont occulté la violence et les autres attentats, presque quotidiens, dans des pays plus lointains. Occulté aussi le drame des migrants, qui quittent ces contrées devenues trop dangereuses. Qui se soucie de ces milliers de personnes qui se noient durant la traversée de la Méditerranée ? Des dizaines d'associations de défense des droits de l'Homme tirent la sonnette d'alarme, mais quels citoyens, de quels pays auront le courage de réfléchir à une solution pour ces migrants qui fuient la guerre et la misère ? Comment n'avons-nous pas honte ???

Choqués par l'issue dramatique de certains parcours migratoires, interpellés par les risques insensés pris par les migrants, les membres du Relais Européen du MIAMSI* (dont l’ACi belge fait partie) ont souhaité, dès l'automne 2014, organiser un colloque dans un lieu symbolique, Pozzallo, en Sicile, endroit où s'échouent des embarcations emplies d'hommes, de femmes, d'enfants, après leur traversée de la Méditerranée.

A l'issue de ce colloque en novembre 2015, il apparaissait évident que chacun allait repartir chez lui conforté dans l'idée qu'un accueil accru de ces personnes en détresse est la seule voie envisageable pour l'Europe des Droits de l'Homme.

L'Europe pourtant, n'a pas choisi cette voie de l'accueil, ainsi qu'en témoignent les moyens financiers énormes dégagés pour la surveillance accrue de ses frontières et l'accord passé avec la Turquie. Et pendant ce temps-là, en Belgique, des centres sont fermés, tant sont devenus stricts les critères d'accueil !

Comment combattre nos PEURS pour une Europe plus humaine ? Est-ce une bonne idée de fermer des centres ?

Une déclaration finale a suivi le colloque : celle-ci veut interpeller chacun d'entre nous, où qu'il vive et quelles que soient ses responsabilités, au sein d'associations, dans le monde politique, au sein des institutions internationales ainsi que des Églises.

Chaque migrant est une personne et nous pensons qu'il est urgent de faire changer les mentalités autour de nous, sinon ce sont encore beaucoup de morts que nous aurons à déplorer dans les mers au bord desquelles nous passons nos vacances...

 

Les textes complets des diverses interpellations ainsi que le fascicule des actes du colloque et la carte blanche publiée par l’ACi se trouvent sur ce site (publications)

 

* Sont membres du Relais Européen du MIAMSI : ACI France – ACI Portugal – ACi Belgique, Rinascita Italie et Rinascita Malte

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